mercredi 16 septembre 2009

Retour au Bercail - 25e partie

Symptômes Négatifs



TYPES DE PERSONNALITÉ

Les familles des schizophrènes sont souvent bouleversées par le comportement d’un patient qui répète avec insistance qu’il n’est pas malade ou encore qui semble vouloir faire souffrir le reste du monde autant qu’il souffre lui-même. Certains patients sont décrits comme des « manipulateurs » car ils semblent vouloir forcer leur entourage à faire ce qu’ils désirent et se faire passer beaucoup de choses qu’on refuse de passer à d’autres membres de la famille. Certains sont décrits comme étant excessivement timides; par contre, d’autres sont considérés comme étant insubordonnés, indisciplinés ou entêtés. Certaines familles sont dérangées par le manque d’autonomie du schizophrène. Elles décrivent alors le patient comme un être trop dépendant, qui manque de confiance en lui et qui ne peut compter sur lui-même. Dans tous ces cas, il s’agit de types de personnalité et non de symptômes de schizophrénie. Les médicaments ou les autres traitements ne peuvent guérir les comportements associés à ces types de personnalité. Dans la plupart des cas, le patient aura toujours présenté certains de ces traits bien avant de devenir schizophrène. Chez d’autres personnes, le style de personnalité sera nouveau puisque le début de la schizophrénie est parfois marqué par un changement radical de la personnalité. Quel que soit le cas, ces traits doivent être considérés comme des éléments de la personnalité et non comme des symptômes de la maladie.

La modification des traits de personnalité est un long processus. Elle consiste d’abord à refléter au patient ses comportements (il peut en être inconscient) et à lui faire voir que sa maladie n’excuse pas certains de ses comportements. Chez le schizophrène, comme chez tout autre personne, la timidité, l’absence de confiance en soi, la dépendance exagérée envers les autres, l’insubordination, la résistance, l’entêtement ou la manipulation des autres se désapprennent graduellement si la personne est exposée à des situations où ces comportements ne sont pas renforcés. Le rôle de la famille est de s’assurer que le patient est bel et bien exposé à ces situations et qu’il n’en est pas protégé ou écarté.

La négation correspond aussi à un style de personnalité, certains individus étant incapables de reconnaître qu’ils pourraient éventuellement présenter quelques déficiences ou zones de vulnérabilité. La plupart des patients dont la maladie débute vers la fin de l’adolescence ont tendance à nier leurs déficiences car l’adolescence est une période où les faiblesses sont difficiles à accepter. Le problème réside dans le fait que la négation de la maladie rend le traitement impossible. Cette constatation s’applique à toute maladie qui nécessite un traitement et pas uniquement à la schizophrénie. L’absence de traitement dans les cas de schizophrénie pouvant avoir de graves conséquences, les familles doivent se montrer fermes sur ce point.

Exemple : « Je ne veux pas prendre mes médicaments. Pourquoi devrais-je le faire, je ne suis pas malade. »

Réponse inutile : « Tu es malade, Prends-les, sinon….!

Autre réponse inutile : « D’accord. Fais ce que tu veux. Ça m’est égal. »

Réponse plus utile : « C’est vrai que tu n’es pas malade actuellement. Les médicaments te sont prescrits pour t’empêcher de l’être. Tu te brosses les dents tous les jours pour prévenir la carie, pas parce que tu as mal aux dents. C’est la même chose. Tu as accepté de prendre tes médicaments pour venir habiter chez nous. Tu prends tes médicaments ou je t’aide à te chercher une chambre ailleurs. »

L’habitude de blâmer les autres constitue un autre style de personnalité. Les familles ont généralement assez à endurer sans se faire blâmer. Toutefois, il est normal qu’en cas de crise on cherche à blâmer les autres. Faire preuve de sympathie, même quand vous vous sentez blessé et insulté, peut aider le patient.

Exemple : « Tout est de ta faute. Je n’en serais pas arrivé là si tu m’avais élevé comme il faut. »

Réponse inutile : « Je suis vraiment à blâmer. Que pourrais-je faire pour compenser? ».

Réponse inutile : « C’est de ta faute à toi. Si tu nous avais écoutés, les choses seraient maintenant très différentes. »

Réponse plus utile : « Peut-être que nous sommes tous deux à blâmer. Personne ne sait pourquoi ces choses-là arrivent. Il n’est pas important de savoir qui est responsable. Le fait de me blâmer ou de te blâmer n’arrangera rien. C’est à toi d’accepter les faits et de prendre la situation en main pour changer ce que tu peux. Je ferai tout mon possible pour t’aider. »

Il n’y a pas de réponses parfaites. Comme il n’y a pas deux personnes semblables, les réponses varieront selon les circonstances. La chose importante à se rappeler au sujet des problèmes de personnalité est qu’ils diffèrent beaucoup des symptômes de la maladie et que les stratégies pour y remédier diffèrent. Ils exigent le même genre de réponses que celles que vous donneriez aux membres non-schizophrènes de votre famille. Si le comportement indésirable est dû à la maladie, il faut traiter cette dernière. S’il s’agit d’un type de personnalité, tout effort pour le modifier doit se faire en collaboration et impliquer beaucoup plus le patient.



* à suivre *

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