mardi 10 novembre 2009

LA PERSONNALITÉ - 1e partie

LE CAHIER PHILOSOPHIQUE

Au début du XXième siècle, la psychologie prend une importance telle qu’elle remet en cause toute la psychologie philosophique ancienne. Ce succès de la psychologie expérimentale nous amène à nous poser la question suivante : Peut-on dire que l’étude de la personnalité ne relève que d’un seul type de jugement, le jugement de réalité? Une simple définition des termes nous oblige à aborder cette question à deux niveaux sensiblement différentes :

- psychologique (jugement de réalité)
- philosophique (jugemnet de valeur)

Après avoir parlé des notions de la personnalité et du jugement, nous aborderons les mérites du jugement de réalité dans l’étude de la personnalité, ce que nous apporte le jugement de valeur dans cette même analyse, et, enfin, jusqu’à quel point ces deux façons de juger comptent-elles dans l’étude de la personnalité. L’opinion d’un philosophe et d’un psychologue clorera la présentation de ce travail.

Il est bien entendu que ce travail ne se veut en rien être une polémique entre ces deux points de vue, qu’ils soient d’ordre philosophique ou psychologique; mais étant donné l’importance de la question, le problème mérite notre attention.

Comment expliquer ce sujet?

Avant d’essayer de porter un jugement sur une personnalité afin d’en mieux faire l’étude, il serait peut-être sage d’établir tout d’abord une notion du terme « personnalité ».

Qu’en pensent les philosophes? Qu’en pensent les psychologues? Piéron nous dit qu’un être vivant dans son indépendance biologique est désigné comme « individu » et la personnalité serait « cette psychologique totalité qui caractérise un homme particulier ».

On perçoit ici tout de suite cette tendance à voir la personnalité comme un individu émergeant d’un ensemble, d’un groupe, unique bien sûr, puisqu’il diffère des autres mais oubliant quelque peu la personne pour prôner l’individu.

C’est avec Ribot en 1885 que l’on verra apparaître dans le langage philosophique « la plus haute forme de l’individualité » : la personnalité.

On peut dire que Ribot a le mérite d’avoir voulu dégager la personne de sa conception métaphysique (être spirituel) mais malheureusement pour la réduire à une « fonction du corps ». Ce qui rejoint le behaviorisme de Watson.
Pour Mounier, représentant du personnalisme, « l’individu se réduirait à l’ensemble des propriétés matérielles distinctives, tandis que la personnalité serait une conduite impliquant des valeurs sociales et morales ». Si Mounier est louable dans sa conception ontologique de l’individu (Valeur suprême) et sa lutte contre la dépersonnalisation (envahissement par l’objet) il oublie néanmoins de redécouvrir la personne comme un être avant tout présent au monde.

* à suivre *

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