mardi 22 décembre 2009

LA PERSONNALITÉ - 39e partie

Les cinq stades de Freud correspondent à l’enfance et à l’adolescence; qu’en est-il pour l’âge adulte et de la vieillesse? Freud nous donne, dans le style concis de ses dernières années de vie, cette réponse : « To love and to work ». Ce serait le but d’une vie adulte réussie. Comme le signalait Engelberts 1984, p.4 :

Les œuvres de S. Freud ne contiennent aucun développement important concernant
la psychodynamique du vieillissement.


Dans ce même article, l’auteur soulève des éléments de compréhension de l’attitude négative de Freud vis-à-vis le vieillissement, et présente des indications et des contre-indications aux psychothérapies analytiques possibles avec les personnes âgées.

Cette réponse de Freud paraît donc peu éclairante pour une bonne compréhension de ce qui se passe durant toutes ces années de l’existence qui restent. Il faudra attendre les écrits de Neugarten, (1969, 1970, 1973 et 1976), Sheehy (1977 et 1982), Levinson (1978), Artaud (1978 et 1979), Bédard (1981, 1983 et 1984), pour comprendre davantage ce qui se passe au niveau adulte, mais, même avec l’émergence de ces recherches sur le développement de l’adulte, le champ du troisième et du quatrième âge est largement ouvert puisqu’il s’y fait tellement peu de recherches comparativement aux autres périodes du cycle de vie.

CONCLUSION

Nous pouvons affirmer suivant la pensée freudienne que la maîtrise de soi, ce contrôle du moi, prend forme dès la prime enfance. C’est à ce moment que les dés sont jetés. Pourtant la personnalité adulte est dynamique et s’adapte comme le démontrent les recherches des auteurs ci-haut mentionnés. Les mécanismes de défense utilisés par les personnes âgées en témoignent. Freud n’a pas élaboré là-dessus. Pour comprendre l’homme, le thérapeute doit saisir toutes les particularités psychologiques à travers son histoire et, surtout, bien saisir son inconscient. L’une des grandes contributions de Freud a été de nous faire saisir toute l’importance des premières expériences de l’enfance, là où le moi prend sa source.

Nous nous sommes limités aux seuls faits qui permettent une vision d’ensemble de la perception de soi dans la pensée freudienne. Pour les besoins de notre recherche, les théories freudiennes ont leurs limites. Signalons ici deux excellents articles sur le sujet; le premier, de Hale (1980), porte sur les réflexions de Freud sur le travail et l’amour alors que le second, d’Erikson (1980), présente les thèmes de l’adulte dans la correspondance entre Freud et Jung.

Aussi devons-nous questionner d’autres auteurs susceptibles d’apporter plus de lumières sur ce qui se passe avec le moi et les besoins non-satisfaits durant les dernières années de l’existence.

* à suivre *

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