mercredi 30 décembre 2009

LA PERSONNALITÉ - 46e partie

CONCLUSION

Il y a peu de théoriciens qui ont présenté une approche du développement de la personnalité et du moi en y englobant tout le cycle de la vie et en y joignant des données biologiques, psychologiques, sociales et culturelles. L’approche ériksonnienne semble la première qui présente le moi dans tout le cycle de la vie.

Erikson nous a permis de reconnaître que l’homme, de l’enfance à l’âge avancé, expérimente des changements dans le développement du moi et que cet enrichissement se fait tout au cours du cycle de la vie dans une perspective de développement continu. Le comportement humain et la personnalité sont de nature interactive, et le moi joue le rôle d’agent interne dans cette interaction.

Pour l’école psychanalytique, et en particulier avec Freud et Erikson, un postulat demeure; l’enfance est la clé dans le développement du moi. Comme nous l’avons déjà signalé, les cinq premières phases d’Erikson sont la reformulation et l’expansion des cinq stades psychosexuels de Freud alors que les trois autres phases s’attardent au développement de l’adulte. C’est donc de l’enfance qu’émaneront la plupart des processus du développement et de la formation du moi. Aujourd’hui cependant, ce même postulat est fortement remis en question, en particulier par Baltes, Reeves et Lipsitt (1980) de même que par Brim (1980). En revanche Monge (1975) soutient de son côté qu’il n’y a pas de modification de la perception de soi dans le vieillissement. Costa et McCrae (1977), Costa et al. (1980), Leon et al. (1979) et McCrae et al. (1980) de même que Siegler et al. (1979) soutiennent encore, et avec des faits précis pour appuyer les résultats de leurs recherches, que la personnalité de l’adulte et de la personne âgée est relativement stable. Quant à Gilligan (1982), elle enregistre une dissidence quant aux schèmes masculins utilisés par Erikson.

Pour bien comprendre ce qui se passe en vieillissant et devant toutes ces contradictions, une recherche nous apparaît de mise. Nous pensons qu’il serait opportun de consulter un autre auteur classique dans le domaine de la psychologie humaniste, Abraham Maslow, qui s’est aussi penché sur le développement du moi et de la personnalité. Nous conclurons avec Erikson que :

Plus on écrit sur ce thème (l’identité) et plus les mots s’érigent en limite
autour d’une réalité aussi insondable que partout envahissante. On peut
seulement l’explorer en constatant, dans toutes sortes de contextes à quel point
elle est indispensable (Erikson, 1972, p.5).

En fait, comme le démontre Clayton (1975) le modèle d’Erikson est trop vague et laisse songeur. Selon lui, très peu de personnes âgées atteindraient la prudence et la sagesse qu’Erikson décrit au huitième stade de développement.
* à suivre *

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