vendredi 19 mars 2010

Comprendre l'Enfant ou l'Adolescent Vivant Le Deuil - 6e partie

Des émotions destructrices

Dans le but de se protéger contre sa souffrance, ne pouvant exprimer et partager ses émotions pénibles, le jeune va alors tenter de les dénier en développant des mécanismes de défense dont les principaux sont bien souvent la répression et le refoulement. Il va tenter comme il le peut de se protéger contre sa souffrance en s’insensibilisant émotivement.

Cette situation a pour conséquence d’empêcher le déroulement du processus de deuil. Souvent même, la colère et la révolte s’intensifieront en raison du fait que l’insécurité persiste.

Certes, avec le temps, l’enfant en vient à atténuer sa souffrance mais ses émotions négatives demeurent, cachées à l’intérieur de lui. Elles commencent alors leur ravage sournois et insidieux sur son comportement et son adaptation.

Sa tristesse réprimée sape sa motivation à l’effort scolaire et l’amène à s’enliser dans le fatalisme et dans une situation d’échec de plus en plus irrémédiable. Son angoisse affecte ses capacités d’attention et de concentration. Sa colère lui fait développer des comportements agressifs et anti-sociaux. Sa révolte et son amertume le conduisent à se méfier de l’adulte et à défier son autorité. La plus grave et la plus insidieuse de ces émotions est sans doute la culpabilité qui le pousse inconsciemment et involontairement à se punir de multiples façons (mutilation, suicide à petit feu par la drogue, échecs dans ses entreprises qui concourent dans un cercle vicieux à alimenter son fatalisme et son désespoir). Le jeune en vient à développer une image très négative de lui-même, à se dévaloriser et à se mésestimer intensément.

Il en vient alors à refuser l’affection à laquelle il croit inconsciemment ne plus avoir droit. Il devient alors de plus en plus difficile à rejoindre affectivement, la barrière de ses défenses étant de plus en plus étanche.

Ses comportements inadaptés devenant de plus en plus fréquents et sévères, les adultes intensifient auprès de lui leurs mesures de contrôle et de discipline. Classifiant ce dernier de marginal, ils amplifient son sentiment de solitude et de révolte.

C’est parfois auprès d’autres jeunes marginaux qu’il satisfera ses besoins d’affection et de valorisation ainsi qu’un certain plaisir de vivre. C’est aussi par leur fréquentation qu’il accentuera ses comportements délictuels. On peut alors assister à une escalade des mesures répressives de la part des adultes en autorité qui, à leur tour, provoqueront chez le jeune des réactions inadaptées toujours plus fortes.


* à suivre *

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