jeudi 24 mars 2011

LA NOTION DU DÉSIR CHEZ LE COUPLE 64 partie

D’après mes propres recherches, et d’après toutes les études qui existent sur le sujet, le besoin de marques d’affection physiques concerne davantage les femmes que les hommes. Au cours de l’enquête qu’elle a menée sur le comportement sexuel des femmes, la journaliste-sexologue Ann Landers est parvenue aux mêmes conclusions. Voici une des questions qu’elle a posées aux femmes : « Vous estimeriez-vous satisfaite si votre partenaire vous choyait, vous câlinait et vous montrait une grande tendresse, mais sans qu’il y ait jamais de rapports sexuels entre vous? » 72% des neuf mille femmes interrogées ont répondu « oui ». Et le plus surprenant, c’est que près de la moitié des femmes ayant répondu « oui » avaient moins de 40 ans.

Pourquoi les femmes, en général, semblent-elles accorder aux marques d’affection physiques une place plus importante que les hommes? À la naissance, cette différence n’apparaît pas. Les bébés, filles ou garçons, ont tous un besoin énorme de contact physique. Ceux qui en sont totalement privés soit meurent, soit grandissent avec des troubles psychologiques qui entravent leur corps et leur esprit. Les enfants des deux sexes ont besoin du contact charnel avec les personnes qui les élèvent pour pouvoir survivre et bien se développer.

Mais parfois, les petites filles reçoivent plus d’affection physique que les petits garçons. Un chercheur a observé quarante-deux femmes et leur nouveau-né, après l’accouchement, pendant leur séjour à la maternité. Il a placé des caméras-vidéo dans les chambres et a filmé les réactions réciproques des mères et de leur bébé. En analysant les films séquence par séquence, il a constaté assez peu de différences dans la façon dont les mères traitaient leur enfant selon leur degré de maturité, leur poids ou les soins normaux à leur apporter. En revanche, il a constaté une différence marquée en matière de sexe. Sur une période donnée, il a noté que les mamans des petites filles avaient touché leur bébé 23,7 fois, tandis que les mamans des petits garçons avaient touché leur bébé seulement 16,2 fois, c’est-à-dire un tiers de temps en moins.

À mesure que nos garçons grandissent, non seulement nous sommes parfois parcimonieux à leur égard, en matière d’affection physique, mais nous les freinons en plus, bêtement, dans leurs élans affectueux envers les autres. Selon un code masculin qui existe depuis des milliers d’années, nous élevons nos garçons pour qu’ils s’endurcissent, qu’ils soient forts et indépendants. Dès l’âge de 3 ou 4 ans, nous leur disons de petites phrases du genre : « Sois fort! », « Arrête de gémir », « Ne fais pas la poule mouillée », « Débrouille-toi tout seul », « Arrête de pleurnicher », « Défends-toi tout seul! », «Tu agis comme une fille », etc. Et si nous allons à l’encontre du courant et encourageons nos garçons à être gentils et affectueux, ils se trouveront être la risée des autres dans la cour de récréation. Les garçons sensibles et affectueux, c’est-à-dire ceux qui ont précisément les qualités que la plupart des femmes aimeraient trouver chez leur mari, sont souvent qualifiés de « lavettes » ou de « femmelettes » par leurs camarades. Les garçons apprennent de bonne heure à dissimuler leur vulnérabilité derrière une carapace. Il n’est donc pas étonnant qu’en atteignant l’âge adulte, ils aient moins besoin que les femmes de marques d’affection et soient aussi moins démonstratifs.

* à suivre *

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