mercredi 4 mai 2011

LA NOTION DU DÉSIR CHEZ LE COUPLE 92 partie

AVOIR LES CINQ SENS EN ÉVEIL

Pour jouir totalement de votre sexualité, vous devez garder vos cinq sens prêts à recevoir une des mes clientes me racontait ceci : L’une des expériences les plus sensuelles de ma vie a eu lieu il y a très longtemps. Un ami m’avait proposé de me raccompagner sur sa moto, il était très tard. J’avais peur de monter sur une moto, surtout dans l’obscurité de la nuit, et j’avais l’impression que l’anxiété mettait davantage mes sens en éveil. J’avais entouré la taille du garçon de mes bras, et mon corps suivait tous les mouvements de son corps à lui, notamment dans les tournants. C’était comme si nos deux corps étaient mêlés l’un à l’autre. Je sentais l’air chaud de l’été faire voler mes cheveux. J’ai senti le rafraîchissement de l’air quand nous sommes passés par les petites routes de forêt. Les odeurs aussi étaient différentes : elles étaient florales, elles sont devenues musquées. Quand nous nous sommes arrêtés pour contempler la lune, j’ai entendu les oiseaux de nuit pousser leurs cris particuliers. Mon corps était entièrement ouvert aux sensations.

Ces dernières années, mon partenaire et moi avons découvert qu’en explorant systématiquement tous nos sens, nous pouvions reproduire cette même qualité d’éveil en faisant l’amour. D’ici à la fin de ce chapitre, je vais vous faire faire une visite guidée de vos cinq sens et vous donner des conseils spécifiques pour développer votre sensualité pendant vos relations sexuelles.

L’odorat fait partie intégrante de notre sexualité. Le sperme, les sécrétions vaginales, la transpiration, tout comme la salive, ont tous une odeur naturelle spéciale, et certains trouvent ces odeurs hautement érotiques. À la fin d’une lettre à Joséphine, Napoléon a écrit ces mots : J’arriverai à Paris demain soir. Ne te lave pas. »

Mais les Français amoureux ne sont pas les seuls à être remués par les odeurs corporelles. L’anthropologue Helen Fischer rapporte dans son livre L’Anatomie de l’Amour que « du temps de Shakespeare, les femmes portaient un morceau de pomme sous leur aisselle jusqu’à ce qu’il soit bien imprégné de leur odeur. Elles faisaient alors cadeau de cette « pomme d’amour » à leur amoureux pour qu’il puisse respirer leur odeur. Aujourd’hui encore, dans certaines régions de Grèce et des Balkans, les hommes s’essuient l’aisselle avec un mouchoir, et l’offrent, accompagné d’un petit compliment, à la femme qu’ils veulent inviter à danser. » Les hommes jurent que les résultats sont excellents.

Dans nos cultures plus délicates (certains diront plus « guindées »), nous enduisons nos aisselles de déodorant, suçons des pastilles pour avoir l’haleine fraîche, éliminons à la douche nos sécrétions vaginales, portons des petites culottes jetables, nous lavons avec un savon déodorant, et espérons que tout le monde en fasse autant. L’idée même de pouvoir humer avec délice nos odeurs corporelles nous semble perverse.

Apprécier les odeurs corporelles ou préférer l’amour désodorisé est une affaire strictement personnelle. Toutefois, il existe des différences nettes entre les hommes et les femmes quant à la perception des odeurs. En règle générale, le sens de l’odorat, chez les femmes, est plus développé que chez les hommes. Et cette sensibilité est encore accrue en période d’ovulation. Les femmes peuvent aussi avoir une réaction plus forte à certaines odeurs corporelles telles que la mauvaise haleine, la transpiration, ou les fortes odeurs intimes. Elles aiment les parfums, et sont particulièrement sensibles à ceux qui contiennent du musc, dont l’odeur est très proche de l’odeur sexuelle masculine. De leur côté, les hommes, en général ont moins d’attirance pour les senteurs artificielles, surtout celles destinées à parfumer la maison, quand elles sont trop fortes ou trop « chimiques ». Dans la plupart des familles, c’est la femme qui s’asperge d’eau de Cologne, qui parfume le linge dans les armoires, qui installe partout des bloc désodorisants, des « rafraîchisseurs d’air », projette, dans les différentes pièces de la maison, des fragrances en spray, et qui se prélasse dans des bains parfumés aux herbes. Cette caractéristique a aussi été observée chez les jeunes enfants. Les bébés filles jouent plus longtemps avec les hochets parfumés que les bébés garçons.

L’aromathérapie, ou l’utilisation thérapeutique de différentes odeurs, a été étudiée et employée depuis toujours en Extrême-Orient, en Inde et en Égypte, et c’est aujourd’hui une pratique reconnue en France. L’aromathérapie apparaît faire dormir des rats de laboratoire dans une atmosphère parfumée à l’huile de lavande. Les êtres humains, qui se sont déjà prêtés à cette expérience, se sont sentis beaucoup plus détendus et tranquilles. (Cela pourrait-il avoir un rapport avec le fait que nos grand-mères mettaient des sachets de lavande, dans les armoires, pour parfumer le linge?). Dans nos sociétés matérialistes, il n’est pas étonnant que la plupart des recherches aromatiques étudient l’effet des différentes senteurs sur nos habitudes d’achat de produits. Des chercheurs ont prouvé que parfumer l’air d’un grand magasin donnait aux clients l’envie de rester plus longtemps et de dépenser plus d’argent. Un groupe de chercheurs essaye actuellement d’isoler les différentes composantes chimiques contenues dans le musc humain, afin de concocter un aphrodisiaque fiable. S’ils parviennent à leurs fins, les parfums séducteurs du futur agiront à partir d’un fait réel, pas d’un fantasme. Mais que tout cela ne vous empêche pas de vous livrer à des expériences olfactives avec votre partenaire, en chair et en os.

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