jeudi 2 juin 2011

LA NOTION DU DÉSIR CHEZ LE COUPLE 111 partie

AFFRONTER VOTRE PEUR DE LA PASSION

Une fois que votre partenaire et vous n’êtes plus retenus par l’une ou l’autre de ces peurs, cela mérite d’être dignement fêté! Vous faites alors partie de ces heureux élus capables de connaître des degrés intenses de passion sexuelle. Dès lors, votre tâche est de continuer à alimenter les neuf aspects de la sexualité précédemment décrits afin de maintenir votre relation dans les hautes sphères de l’intimité et de la sexualité. Il n’y a aucune limite à la passion.
Mais si vous avez l’impression que vos rapports amoureux sont toujours inhibés par l’une de ces peurs, ou plusieurs, il y a beaucoup de choses à faire pour arriver à les surmonter.

Déjà, et avant tout, le fait de reconnaître ces peurs va beaucoup vous aider. En identifiant une angoisse spécifique (la peur de perdre le contrôle, la peur de perdre l’autre, etc.), vous commencez à sortir de l’impasse où vous vous étiez mis(e). C’est déjà un grand pas en avant car nier un fait demande énormément d’énergie.

Une fois que vous aurez identifié en quoi vous empêchez la passion d’exister au sein de votre couple, vous aurez moins tendance à projeter vos difficultés sur votre partenaire. Exorciser nos peurs en les projetant sur nos partenaires est une réaction typiquement humaine. Par exemple, les personnes bloquées sexuellement ont tendance à projeter leur peur de la sexualité sur leur partenaire, leur reprochant d’être insatiable, obsédé, immoral et pervers. Ainsi peuvent-elles se conforter d’être « normales » et accuser leur partenaire d’être « anormal ». De même, les personnes qui ont peur de ce qu’elles éprouvent ont tendance à accuser leur partenaire d’être trop émotif. « Sois plus rationnel(le)! », « Tes réactions sont toujours disproportionnées! »

À court terme, la projection peut vous soulager psychologiquement. Mais elle induit des difficultés relationnelles qui, elles, vont durer longtemps. Vous ne pouvez avoir une relation sexuelle passionnée avec votre partenaire si vous le (la) blâmez pour des choses qui vous incombent.

Après avoir reconnu en vous-même les peurs qui vous oppressent, le mieux est d’avoir le courage d’en parler à votre partenaire. C’est un somptueux cadeau. En dévoilant ainsi des années de dénégation, vous faites tomber vos défenses et admettez votre fragilité : « C’est la première fois, que je formule cette sensation, mais j’ai peur d’une trop grande proximité avec toi pendant que nous faisons l’amour. Je ne sais pas pourquoi. Cela me rend anxieux(se) d’être à la fois sexuel(le) et intime. » Ou « J’ai toujours peur de perdre le contrôle de moi-même quand nous faisons l’amour. Alors je me retiens. Je ne sais pas exactement de quoi j’ai peur. Je sens venir l’orgasme, et puis je me bloque. » Ou « Quelque chose en moi me dit que c’est mal d’être ouvertement sexuel. C’est quelque chose qui me vient de mon enfance. » Ou « Je pense que je me suis désintéressé(e) du sexe pour ne pas te donner ce que tu voulais. Je ressentais cela comme une concession trop importante. »

Comme dans ces différents exemples, vous n’avez pas à connaître tous les tenants et les aboutissants de vos peurs pour en parler à votre partenaire. Ce qui est important, c’est de lui faire percevoir l’existence de vos luttes intérieures. En travaillant avec les couples, j’ai eu le privilège d’être le témoin d’une aussi profonde honnêteté et je n’ai encore rencontré personne qui ne soit profondément touché d’une telle expérience. Dévoiler une pensée intime produit l’effet inverse de la critique. En révélant vos faiblesses à votre partenaire, vous l’incitez à vous dévoiler les siennes, et cela augmente le degré de confiance qui existe entre vous. D’une façon générale, la critique et la projection créent une distance, tandis que la révélation de soi suscite l’intimité.

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