lundi 15 août 2011

VIOLENCE FAMILIALE 32e partie

Des moyens pour soutenir la démarche

Employer la relaxation
Il suffit parfois d’un exercice de relaxation pour que la femme violentée approfondisse son vécu émotif. Par exemple : elle éprouve une émotion qu’elle ne peut nommer et qui se manifeste par des larmes ou des tremblements, vous aurez alors recours à un exercice de relaxation pour l’aider à laisser surgir son émotion, pour la technique de relaxation. Une séance de cette technique suffit bien souvent pour en provoquer l’explosion. Dans certains cas, il faut compléter cet exercice par un support verbal. Vous résumez alors le contenu exprimé au cours de l’entrevue qui a provoqué cette émotion. Elle parvient ainsi à la ressentir davantage. Les techniques de « support » et de valorisation de ses émotions favorisent la poursuite de la démarche.

Se servir du jeu du miroir
Parfois les femmes battues éprouvent des difficultés à s’exprimer et se montrent peu loquaces. Certaines ne parviennent même pas à parler. Comme vous connaissez les émotions les plus fréquentes chez ces femmes en situation de crise, vous allez faire l’exercice du miroir. Vous expliquez à la cliente que vous allez être son « miroir » et vous parlez à la première personne. En disant « je », vous faites comme si vous viviez ses propres émotions, vous lui reflétez son image, mais empreinte de ses émotions. Puis, vous lui demandez de vous dire, par un signe de la tête, si elle se reconnaît dans ce que vous exprimez. Dans bien des cas, elle se laisse submerger par les émotions exprimées, et accède ainsi à ses blessures émotives.

Lorsqu’elle vous fait signe qu’elle ne se reconnaît pas dans une émotion exprimée, vous l’invitez à vous l’expliquer en détail. De cette façon, elle précise son contenu émotif et commence à exprimer ce qu’elle-même ressent. Elle entre donc tranquillement en contact avec son émotion, elle la nomme, l’identifie et la précise. L’amorce vient de se faire. Si cela s’avère nécessaire, vous maintenez le même processus pour aborder d’autres émotions qui peuvent se manifester chez elle par des messages non verbaux.

Respectez la zone personnelle
Toute personne a besoin d’un espace vital pour se sentir bien. La distance physique que chaque individu établit en présence d’un autre représente cette zone personnelle. La femme battue a connu une invasion violente de sa zone personnelle par l’agresseur qui, bien souvent, a attenté à son intégrité physique. Il est important de respecter la zone personnelle de la cliente lorsque vos établissez une relation d’aide avec elle pour qu’elle se sente à l’aise et respectée dans la situation difficile qu’elle vit.

Il faut être certaine qu’elle peut recevoir un geste de réconfort avant de le faire. Certaines femmes battues, comme bien d’autres personnes d’ailleurs, n’aiment pas être touchées. Parfois, un réconfort physique donné trop rapidement peut contribuer à créer une relation où la cliente se sent consolée, mais non accompagnée pour vivre ses anxiétés et trouver ses propres solutions. Ces règles élémentaires prennent toute leur importance lorsque la cliente ne possède rien en tant qu’individu, pas même un espace vital.

S’utiliser comme « baromètre »
En situation de crise, les émotions se vivent de façon intensive. Vous devez être très attentive aux manifestations verbales et non verbales de la cliente. Comme un « baromètre », vous devez être consciente des variations du rythme de prise de conscience de la cliente, pour faciliter l’expression de son vécu émotif. Vous devez donc respecter certains points essentiels, garder le silence aux moments opportuns pour permettre à la femme violentée de vivre ses difficultés et de les affronter, lui donner l’assurance de ses capacités personnelles – en tant qu’individu et non en tant que mère et épouse - , lui apporter une brève information pour atténuer son inquiétude et lui faire percevoir le climat émotif dans lequel elle vit.

Cette attention donnée aux différents stades par lesquels passe la femme battue renforce l’efficacité de l’entrevue de crise, puisque chaque acquisition, si minime soit-elle, peut être un facteur décisif à tout acte de reprise en charge de sa vie.

Tous ces moyens sont employés pour abaisser les tensions liées au vécu émotif. À partir du moment où ces tensions s’atténuent, vous observez divers changements : l’agitation de la client diminue, sa respiration est moins rapide ou moins saccadée, elle parle moins vite, l’expression de son visage se modifie, ses pleurs sont moins nombreux et le déroulement de la rencontre devient plus rationnel. Elle commence à évaluer ses possibilités de choix et leurs conséquences et à examiner comment elle pourrait concrétiser ses décisions. Elle est donc prête à aborder la deuxième étape de l’entrevue de crise, celle de l’action et de la décision.

Favoriser une crise de décision et offrir de l’aide concrète

Quand les tensions émotives sont réduites, la femme battue doit prendre une décision concernant le maintien ou non de la relation de couple. Il est essentiel de la prévenir qu’elle sera peut-être amenée à revenir sur ses premières décisions, afin de lui éviter, le cas échéant, de se sentir en situation d’échec. Il est préférable de l’informer qu’en période de crise, elle se sentira ambivalente et que toute modification de ses choix fait partie de la démarche de réflexion. Savoir cela permet à la cliente de réduire ses exigences envers elle-même et l’aide à accepter l’idée que le problème sera long à régler.

De façon générale, les femmes battues connaissent peu leurs droits et les ressources existantes. Elles ont donc besoin d’informations sur ces sujets. Pour prendre une première décision, la cliente doit évaluer les risques qu’elle court. Dans cette deuxième partie de l’entrevue, des stratégies de protection devront être établies, que la femme battue quitte ou non son conjoint. De toute manière, ce dernier tentera de récupérer sa victime et il risque de la menacer et/ou de l’agresser de nouveau.

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