samedi 20 août 2011

VIOLENCE FAMILIALE 34e partie

Les lieux
Comment peut-elle se sentir plus en sécurité dans la maison? Y a-t-il une pièce fermant à clé où elle pourrait se réfugier en cas de danger? Peut-elle modifier l’aménagement de la pièce où la violence se produit le plus souvent (la cuisine et la chambre à coucher), pour éviter, par exemple, d’être coincée entre les meubles? Les sorties de secours de la maison sont-elles utilisables? Les fenêtres, les portes brisées, peuvent-elles être réparées sous prétexte d’améliorer l’appartement ou la maison? Certains objets dangereux peuvent-ils être cachés? Vous analysez avec elle toutes les possibilités qu’elle envisage pour essayer de se sentir davantage en sécurité dans ces lieux. Une simple modification peut permettre à la victime de s’échapper quand elle est agressée.

L’aspect matériel
Il peut être sécurisant de préparer un éventuel départ grâce à certaines dispositions matérielles : prévoir, par exemple, un sac déposé chez une personne de confiance, ou dans un endroit précis de la maison; il doit contenir assez d’argent pour payer un taxi ou une nuit à l’hôtel, des documents comme le contrat de mariage, les certificats de naissance ou des reçus importants, un vêtement de rechange pour elle et les enfants.

Les ressources humaines
Les enfants assistent souvent aux scènes de violence. Parfois la victime ne répond pas aux agressions du conjoint de crainte que les enfants ne soient blessés. Que peut-elle discuter avec eux qui, de toute manière, se trouvent mêlés à cette violence : qu’ils se sauvent dans une pièce dès que les conflits éclatent, qu’ils se réfugient chez des voisins ou encore qu’ils sortent du domicile pour appeler les policiers etc. Y a-t-il des personnes autour d’elle qui pourraient l’aider : appeler la police dès qu’ils entendent des bruits, lui offrir de venir se réfugier chez eux quand se produisent des agressions, recevoir les enfants quand ils se présentent? Connaît-elle une personne avec laquelle elle peut parler, pour être soutenue, si la violence reprend? Savoir qui pourra l’aider est important pour assurer sa protection.

La Indices de l’escalade
La victime sait généralement bien comment fonctionne l’agresseur. Cela lui permet de prévoir toute escalade de violence et d’essayer de se protéger le plus rapidement possible. Vous essayez d’énumérer avec elle, les signes précurseurs d’une perte de contrôle afin qu’elle se prépare à agir rapidement et à fuir. Citons par exemple : l’état d’ébriété, les soirées, les fins de semaine, les menaces verbales, etc.

Les Ressources
La cliente doit être informée de principales ressources qu’elle peut utiliser en situation de crise. Peut-elle noter le numéro de téléphone de la police dans un endroit facile d’accès ou le mémoriser? De plus, elle doit connaître les services offerts par la police et l’aide à laquelle elle a droit. Le numéro des services de l’urgence sociale peut être également donné ainsi que celui des maisons d’hébergement. Vous lui précisez qu’elle peut être hébergée en tout temps dans les refuges pour femmes en difficulté (soit en appelant directement, soit en le demandant à la police, aux services sociaux ou médicaux). De plus, vous faites avec elle la liste des ressources disponibles dans son milieu, pour briser l’isolement : centre de loisirs, groupes populaires, groupes de femmes, organismes bénévoles, etc. Rappelez-lui que son isolement réduit sa marge de manœuvre et augmente le pouvoir de l’agresseur.

Dans le cas où elle accepte de poursuivre sa démarche de demande d’aide, vous fixez tout de suite avec elle la date de la prochaine rencontre, et ce à une date assez proche. Un contrat de douze rencontres sera négocié et vous établirez avec elle des objectifs précis afin qu’elle sache clairement le type de processus dans lequel elle s’engage.

S’il y a rupture de la relation conjugale
La femme violentée qui décide de ne pas retourner vivre avec son conjoint doit affronter un grand nombre de situations nouvelles. Elle a besoin de connaître plusieurs ressources qui lui soutiendront dans sa décision. Elle se sentira ambivalente et l’agresseur tentera un rapprochement avec elle, afin qu’elle change de décision. Puis, après quelques temps il emploiera de nouveau les menaces.

Certaines femmes battues décident de quitter l’agresseur pour un court laps de temps, afin de faire pression sur lui dans l’espoir qu’il modifiera ses comportements violents. D’autres femmes quittent leur partenaire dans le but de rompre définitivement. Dans tous les cas, il est important qu’elles déterminent ce qui motive leur départ et ce qu’elles désirent personnellement en optant pour cette décision, afin de réduire les risques de se retrouver devant un sentiment d’échec. Une fois de plus, il faut rassurer la victime sur son droit de changer d’avis. Lui rappeler cette possibilité permet à la cliente de ne pas vivre de culpabilité si elle modifie son choix et de sentir que vous la soutenez inconditionnellement.

Les diverses informations que vous donnez à la cliente doivent être précises, claires et pertinentes. Elles seront sûrement à réviser au fur à mesure. Toutefois, pour affronter sa nouvelle situation, la victime a besoin de recevoir, un certain nombre d’informations qui répondent à ses inquiétudes immédiates et éclairent ses choix. Des informations précises permettront à la cliente de se sentir rassurée. Elle saura, par exemple, qu’elle peut se protéger financièrement et obtenir la garde des enfants, sans engager des procédures de divorce. Il ne faut pas oublier qu’un départ n’est pas nécessairement définitif et qu’il peut être le début ou la poursuite du processus évolutif des ruptures.

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