vendredi 24 février 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 46e partie


MA TÊTE EST PLEINE COMME DU COCA-COLA TROP GAZEUX
Les crises ne doivent jamais être évaluées négativement.  Chaque crise confronte l’individu à lui-même et à son environnement.  Et Jung écrit; “la maladie n’est pas un fardeau superflu et vide de sens; elle est nous-mêmes”.

Le terme de maladie est employé à dessein dans un but de réhabilitation du terme : vue par le corps médical et par l’ensemble de la population comme une aberration de notre organisme, comme un ensemble de symptômes qu’il faut faire disparaître, il est grand temps de la concevoir sous son angle positif; elle appartient aux cycles évolutifs de l’être.  Elle doit être traitée comme faisant partie intégrante du processus vital - Jung (1934), insiste sur le fait d’assurer la maladie, de s’acharner à découvrir son enseignement; plus encore, soyons lui reconnaissants, car elle nous donne l’occasion de suspendre nos activités, d’être enfin à notre écoute, Elle est un chemin douloureux, mai concret, qui nous conduit vers notre réalité.
L’être humain est alors stimulé à faire appel à ses plus hautes potentialités, à s’actualiser selon la perspective de (Maslow 1968), à entrer en contact avec la totalité de son être : il s’agit comme le dit Rogers (1961), d”être vraiment soi-même”.  Ainsi nous pouvons nous permettre d’affirmer qu’une période dépressive, un accident physique deviennent fructueux; car ils invitent l’être à s’arrêter, à s’interroger, à explorer ses aspects sombres et chaotiques, à se livrer au conflit générateur de transformation.
En accueillant sans discrimination le positif et le négatif, la délectation à la souffrance (Hillman, 1972), nous assumons le conflit, nous accueillons la maladie qui, paradoxalement, est voie de guérison de par sa possibilité et volonté de croissance les mouvements vers le bas, s’ils sont tout naturellement acceptés, enrichissent l’être. Ils font partie des allées et venues du flux vital.
Le concept de maladie auquel nous faisons référence englobe tant les crises psychiques que physiques.  Le changement touche toutes les dimensions de l’être humain, y compris le biologique (Riegel, 1976, Gendlin 1978), qui travaille depuis plus de vingt ans à élaborer une théorie du changement de la personnalité, et qui a mis au point sa technique de focalisation pous susciter et stimuler ce changement, prend comme point de départ le corps.
Par le biais de la relaxation, il demande au client d’être attentif au mesage que son corps est prêt lui transmettre.  Ce message se traduit donc d’abord par une sensation physique.  Tout en étant profondément attentif à la mouvance de cette sensation, le client s’efforcera d’en déceler l’image symbolique dans son monde imaginaire et de découvrir l’émotion correpondante dans son monde affectif.  À la fin du processus, lorsque les liens sont tissés entre toutes les zones de la personnalité, lorsque tout est synchronisé, dirait Riegel, le client s’ouvre à la conceptualisation: il établit des rapports entre ce vécu du moment et les événements de son quotidien; le corps transmet généralement alors une dernière sensation, chaleur, force, énergie, qui est message d’unification, de synchornicité entre les différents niveaux de l’être et l’environnement. Partant du corps et revenant du corps, la focalisation de Gendlin suit, elle aussi, comme toute transformation du vivant, un rythme spiralé.  Le corps est le miroir et le réceptable de toute notre vie psychique.  Il n’est donc pas étonnant qu’un conflit psychique ait pour conséquence une maladie physique; et que cette dernière puisse être cause et initiative de changement de l’être dans sa totalité.

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