lundi 5 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 50e partie

Pharmacothérapie comme traitement psychologique 


La pharmacothérapie peut-être utilisée dans le cas de dépression pour intervenir sur des symptômes comme l’insomnie ou l’angoisse. On peut catégoriser les médicaments à partir des effets qu’ils ont sur l’organisme, en : neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs, et le Lithium. L’absorption de médicaments, bien qu’elle ait des effets bénéfiques, entraîne aussi des effets secondaires qu’il importe de connaître.
Cette lecture vous propose de connaître l’intervention pharmaco thérapeutique.
1-Les neuroleptiques ou tranquillisants majeurs qui sont surtout utilisés dans le traitement de la schizophrénie et de la psychose maniaco-dépressive.
2-Les anxiolytiques sont surtout utilisés comme traitement mineur dans les cas d’anxiété.
3- Les antidépresseurs qui, comme leur nom l’indique, servent dans le traitement de la dépression.
4- Le Lithium surtout utilisé dans la dépression sévère et dans la psychose maniaco-dépressive.
                             
Les Neuroleptiques ou tranquillisants majeurs.
La découverte des médicaments utilisés dans le traitement des psychoses a eu lieu au début des années 50. Delay et Deniker (1952) avaient observé l’effet tranquillisant de la Chlorpromazine, observation qui donna lieu à l’application expérimentale de ce médicament avec des patients schizophrènes. À la même période, la Réserpine, composante active de la plante Rauwolfia Serpentina, utilisée par les patients natifs de l’Inde, comme tranquillisant, est introduite dans le champ de la psychiatrie. Les effets anti schizophréniques de ces médicaments causent un véritable changement dans le traitement de ces désordres et conduisent à une meilleure utilisation de la thérapie de milieu, de la thérapie de groupe, de la thérapie occupationnelle et de la psychothérapie en général en ce qui concerne la schizophrénie.
L’utilisation de la psychothérapie devient donc possible du fait que les aspects les plus destructifs de  la maladie peuvent être mieux contrôlés. Ces changements ont eu pour 

résultat  la réduction massive du nombre de malades schizophrènes hospitalisés. La schizophrénie est une des maladies les plus graves que la société moderne connaisse. Son coût annuel a été évalué à 14 milliards de dollars aux USA et on estime que 2% de la population souffrira au cours de sa vie d’un épisode psychotique nécessitant une hospitalisation ( Babigian, Mosher, Guvarson et Buschsbaum, 1973.)
                         
Principales propriétés des neuroleptiques.
Les neuroleptiques possèdent les principales propriétés suivantes :
  1. Ils provoquent un ralentissement de l’activité psychologique et motrice sans pour autant induire le sommeil. À cause de cette action, ils inhibent donc surtout l’agitation de l’agressivité.
  2. Ils amènent aussi une diminution ou une guérison complète du délire et des hallucinations.
Effets Secondaires
Malheureusement, les neuroleptiques produisent également des effets secondaires désagréables pour le malade, et disgracieux pour son entourage.
 Plusieurs personnes ont sans doute vu des malades qui présentent une attitude figée, un faciès peu expressif, une démarche raide et de légers tremblements de mains.
Ces signes ne font pas partie de la maladie, mais sont dus à la prise de tranquillisants. Ces symptômes demeurent aussi longtemps que persiste le traitement, mais bien qu’ils soient saisissants, ils ne sont pas dangereux, du moins à court et à moyen terme. En raison de ces effets secondaires désagréables et continus, il est donc recommandé de limiter l’administration des tranquillisants aux grands malades psychiatriques (Fondation pour la recherche sur les maladies mentales, 1982 c) 
Le plus grand problème causé par les neuroleptiques est sûrement la dyskinésie tardive, syndrome qui peut être irréversible. Ce syndrome peut survenir après une administration prolongée des neuroleptiques. La maladie présente alors des mouvements involontaires qui varient de lieu et de forme et qui impliquent le plus  souvent la bouche, les lèvres et la mâchoire ou  des mouvements anormaux du cou, du tronc  ou des membres. Chouinard a démontré que la dyskinésie tardive, apparaissait chez au moins 31%  des schizophrènes traités aux neuroleptiques et surtout chez les malades âgés et chez ceux qui ont eu de longues hospitalisations, À lui seul, ce problème grave soulève l’importance de la découverte de nouveaux médicaments qui soient moins dangereux pour le malade à long terme, tout autant que la recommandation de ne prescrire des neuroleptiques qu’aux grands malades psychotiques et de suivre de très près leur évolution.

Dosages
Le médicament peut être pris 3 à 4 fois par jour surtout durant la phase aigüe de la maladie; lorsque l’état du malade le permet, une dose unique, de préférence au coucher, suffit dans la plupart des cas; les patients doivent consulter leur médecin de façon périodique pour faire réviser leur médication, car le processus des maladies mentales est dynamique et les besoins du malade sont par conséquent sujets à variation. D’ailleurs, le clinicien doit continuellement faire un effort de façon à donner au patient une dose thérapeutique minimale.
Comme nous venons de le voir, les tranquillisants décrits également sous le nom de neuroleptiques, comprennent une catégorie de médicaments qui provoquent une sédation marquée, qui agissent sur l’agitation et l’agressivité des malades souffrant de troubles mentaux sévères, qui améliorent ou guérissent le délire et les hallucinations, mais qui sont également la cause d’effets indésirables et désagréables autant pour le malade que pour sa famille.

Malgré les problèmes qu’ils engendrent, il reste que  les neuroleptiques ont permis la guérison de plusieurs patients, et à plusieurs malades schizophrènes d’être traités en clinique externe. À cause des désagréments causés par ces médicaments, plusieurs patients cessent spontanément leur médication, et ce, bien souvent avec l’accord de leurs proches. L’arrêt  brusque de la médication occasionne bien souvent des rechutes qui, malheureusement, auraient pu être évitées. Plusieurs équipes de recherche tentent de mettre au point de nouveaux médicaments qui seraient tout aussi efficaces que les tranquillisants, sans pour autant incommoder le malade.

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