jeudi 29 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 59e partie


IVRESSE MENTALE ET SON TRAITEMENT

Notre expertise nous amène à percevoir cette toxicomanie comme le résultat avant tout d’une manière inadéquate pour la personne d’interagir avec son environnement. Il y a aucun doute que tout  le monde désire que l’individu pour qui l’alcool est un problème, adopte une attitude responsable à cet égard.

L’alcoolique est responsable des gestes qui l’ont amené à cet état. Et il est responsable des  gestes à poser pour s’en sortir. Il est responsable  des gestes à poser pour ne pas revenir à l’état qu’il déplore lui-même. Il se trouve donc devant tout un répertoire de possibilités dans lequel il doit faire des choix : choix d’aspirations, choix de comportements. Redonner à la personne sa responsabilité, ce n’est pas la condamner pour ce qui est arrivé, c’est le libérer de lourdes chaînes qu’elle traînait, c’est croire en elle, c’est la respecter dans le sens profond de l’humain qu’elle représente.

Vu sous cet angle, l’alcoolisme est une technique d’adaptation, c'est-à-dire l’adoption graduelle d’un mode d’agir pour se maintenir comme personne, pour faire face à sa réalité quotidienne, pour «  réchapper » devant les réalités de sa vie et devant les soubresauts émotionnels que celle-ci suscite en lui. Chacun se trouve constamment dans une telle conjoncture. Peu de situations humaines ne provoquent pas d’émotions, d’anxiété, de crainte, de joie, de dépression ou autres. Le mode habituel consiste à affronter la situation malgré les émotions engendrées et à en arriver à une sorte de solution où chacun est parfois gagnant et parfois  perdant. La tentation est grande alors pour chacun de se faire accompagner d’alcool, ou de psychotrope quelconque, dans cet échange avec la vie, de faire face à la situation en agissant sur son organisme soit pour se rendre plus fort devant celle-ci, soit pour l’éviter totalement.

Le renforcement du comportement de boire se répète à chaque nouveau verre, de sorte que bientôt l’alcool doit toujours être présent et en quantité de plus en plus grande puisque la tolérance physiologique entre en jeu. La personne est alors «  alcoolique ». Elle a fait et continue de faire un mauvais usage de ce que la société préconise, c'est-à-dire boire en diverses circonstances. Elle cherche dans l’alcool une situation, alors que l’alcool ne sera jamais une solution aux épreuves de la vie, de sa vie.

Avec une telle conception, l’intervention auprès de l’alcoolique ne peut être seulement médicale. Même si, dans 5% des cas, il faut agir d’abord en vue de rétablir rapidement l’organisme intoxiqué pour le remettre en état de fonctionner, l’intervention médicale ne peut toucher à l’alcoolisme même.
Pour réussir à amener les alcooliques à un mode de vie productif, un programme de traitement doit permettre à ces personnes de ressentir de la fierté et de l’espoir, et d’accepter ses responsabilités.

L’alcoolisme n’est pas une maladie mentale et ne peut être approché par les moyens propres à cette difficulté. En effet, on observe qu’il peut y avoir une amélioration du fonctionnement personnel sans que change le comportement de boire, tout comme on observe dans la position médicale que l’adoption de l’abstinence totale peut s’accompagner d’une plus grande mésadaptation psychologique et sociale.

On reconnaît de plus en plus aujourd’hui, sous l’influence de la psychologie humaniste et de la médecine holistique, que c’est à toute la personne de l’alcoolique qu’il faut s’adresser dans la recherche avec lui, d’une solution à son problème. L’approche psychosociale touche la personne dans sa conception d’elle-même en tant que personne valable qui, comme tout le monde, est assaillie de nombreuses émotions, qu’elle a tendance à noyer dans l’alcool  plutôt que de les aborder par une action constructive. Elle touche la personne dans sa relation avec son entourage qu’elle doit mieux comprendre et vis-à-vis duquel elle doit mieux s’exprimer. Elle touche l’organisation de sa vie même dans les choix de la personne pour obtenir ce qui peut être désiré selon des aspirations réalistes et légitimes. Modifier son style de vie, c’est apporter des changements dans toute la configuration personne-environnement, dans l’expression interne ( ses croyances, attitudes, ses schèmes de perceptions et de pensées ) et dans l’expression externe de cette configuration ( ses actions). L’intervenant accompagne l’alcoolique au cours de ce processus : il l’écoute et attire son attention sur divers aspects, il lui suggère des pistes d’exploration personnelle, orale ou écrite, concernant l’alcool, concernant l’alcool et ses effets métaboliques, il renforce les efforts qu’il fait en vue d’adopter de nouveaux comportements. Tout cela se traduit par une présence attentive, active, qui respecte la responsabilité de l’alcoolique dans le processus que ce dernier a entrepris.

Les malaises existentiels menant à de mauvais styles  de vie ne doivent plus être considérés comme des choses extérieures à la personne qui, comme un virus, s’infiltrent dans l’organisme selon le modèle médical. On doit plutôt voir l’état qui résulte de ces malaises comme étant consécutifs à un mauvais choix de solution, nettement justifié d’ailleurs, mais inapproprié face aux désirs et aux aspirations existant au moment du choix.

Reconnaître cette responsabilité, c’est reconnaître la responsabilité nécessaire à la réorientation des choix vers des comportements plus adéquats. On aura recours, lorsqu’il s’agit de difficultés de cet ordre, au médecin ayant une approche holistique, au psychologue ou tout autre intervenant, non pour remettre entre ses mains le problème ou la mésadaptation alcoolique, mais pour recevoir de sa part l’attention nécessaire pour la mise en marche du processus de modification de soi. La route à suivre est longue, mais les résultats assez encourageants obtenus à ce jour laissent croire qu’avec le temps, ceux-ci seront plus importants.

On peut conclure au sujet de la dépendance :
-Les psychotropes perturbent les émotions, les perceptions et les comportements d’une personne. Les drogues les plus dangereuses sont celles qui créent la dépendance, laquelle est physiologique et psychologique.
-Les  stimulants produisent une activation du système nerveux central, ils peuvent produire une intoxication.
-Les narcotiques produisent la détente, calment la douleur et l’anxiété. Les hallucinogènes engendrent des hallucinations et d’autres modifications de la perception Ainsi, ils  peuvent amener la personne dépendante à une prise de conscience.

Mais, qu’est-ce que la conscience, et quels sont les différents états de conscience?                    La conscience est une structure cognitive supérieure ( loin de la périphérie, loin du sens) chargée d’assurer la direction et l’intégration de l’information et dont le fonctionnement donne lieu à une expérience subjective. On distingue au moins trois niveaux de conscience : la conscience implicite, la conscience réflexive, et la méta conscience.

samedi 24 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 58e partie

MISÈRE DU DÉSIR


L'alcool est le dépresseur le plus commun.  À petites doses, provoque une réduction des tensions et un sentiment de joie.  Alors, qu'à fortes doses, il occasionne une instabilité émotionnelle et physique, perturbe la mémoire et entraîne la torpeur.

Alcoolisme problème lié à la consommation d'alcool, qui fait en sorte que l'individu qui en souffre éprouve un besoin impérieux de poursuivre sa consommation d'alcool.  Malgré les répercussions négatives de celle-ci sur les plans physique, psychologique et social de sa vie.

L'alcool est la dépression le plus courant et la drogue la plus consommée.

Même si l'alcool est un dépresseur, la plupart des gens affirment qu'il augmente leur sociabilité et leur bien-être.  Cette différence entre les effets réels et les effets perçus de l'alcool est liée à ses effets initiaux: une baisse de tension, une gaieté accrue et une absence d'inhibition.  À mesure que la quantité d'alcool augmente, toutefois, les effets dépresseurs deviennent plus apparents.  Les personnes se sentiront alors plus instables physiquement et démontreront un jugement médiocre, leur mémoire sera perturbée et elles auront de la difficulté à articuler les mots, elles deviendront incohérentes et, éventuellement, tomberont dans un état de stupeur et s'évanouiront.  Si elles boivent une quantité importante d'abord durant une courte période, elles peuvent même mourir empoisonnées.

Dans certains cas, les personnes souffrant d'alcoolisme doivent boire constamment afin de se sentir suffisamment bien pour fonctionner dans la vie de tous le jours.  Dans d'autres cas, elles ne boivent que sporadiquement, mais elles ont alors tendance à boire des quantités importantes d'alcool.

Il n'a pas été établi clairement pourquoi certaines personnes deviennent alcooliques et développent une tolérance à l'alcool alors que d'autres personnes n'éprouveront jamais ce problème. Certaines recherches tendent à indiquer une cause biologique à ce phénomène.  Toutefois, la question de savoir s'il y a un gène spécifique qui produirait l'alcoolisme suscite une grande controverse.  Il est évident que les chances de souffrir d'alcoolisme sont considérablement plus élevées s'il y a ou s'il y avait d'autres personnes souffrant d'alcoolisme dans une famille.  D'un autre côté, toutes les personnes souffrant d'alcoolisme n'ont pas nécessairement dans leur famille une personne souffrant d'alcoolique; dans ces cas, on croit que des facteurs environnementaux joueraient un plus grand rôle.

mardi 20 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 57e partie


DÉPENDANCE AUX STIMULANTS

Tenter de trouver les causes qui motivent l’homme en détresse aux stupéfiants équivaudrait à vouloir connaître la forme et la qualité d’un iceberg dont nous ne verrions qu’une insignifiante partie en surface.  L’homme en détresse désire vivre ici bas d’abord, et dans l’au-delà ensuite, si possible, ce coin de paradis que n’ont cessé de lui présenter les religions.  La drogue lui promet, sans toujours lui donner, ce paradis artificiel. Les dangers inhérents à cette consommation agissent souvent comme un stimulant plutôt comme handicap, c’est dans cette même ligne de pensée d’ailleurs que s’inscrivent les compétitions de tous ordres.  On peut, bien sûr, atteindre au bonheur par d’autres voies.  Mais il est certain que la drogue offre l’avenue la plus facile, la plus accessible et la plus profitable.  La chimie, ayant réussi à isoler les principes actifs des plantes de bonheur, puis à produire artificiellement des produits plus puissants, offre au voyageur à la recherche de paradis artificiel un arsenal impressionnant.  Cette corne d’abondance ne peut manquer d’impressionner et de séduire.  Autre fois, il fallait habiter le Mexique pour vivre l’expérience de la plante sacrée des incas, ou il fallait être membre de la Native American Church pour goûter les joies du Peyotl.  Aujourd’hui, les drogues sont à la portée de tous et la science permet de les fabriquer, de les calibrer.  Ainsi, il n’est plus nécessaire de voyager pour trouver des drogues.  On peut faire son voyage à domicile avec les produits du bord.  Il y en a pour tous les tempéraments, pour tous les goûts, pour tous les besoins.  On mélange dépresseurs et stimulants dans le même comprimé.  On y ajoute même des vitamines afin de compenser l’effet anorexique des stimulants.  Ainsi, la même pilule nous endort, nous réveille quelques heures plus tard et même...nous nourrit.
On doit se demander pourquoi se livre-t-il à cette soupape artificielle, l’homme en détresse:
Il prend:
Pour combattre la fatigue
caféine
cocaïne
amphétamines
Pour oublier ses peines et se détendre
Alcool
Narcotiques
Méprobamate
Chloridiazépoxide
Bromures
Pour rêver
Morphine
Cocaïne
Mescaline
L.S.D.Marijuana 
S.T.P.
Pour se sentir mieux
Alcool
Narcotiques
Amphétamines
Méprobamate
Pour dormir
Alcool
Chloral
Paraldéhyde
Barbituriques
Narcotiques
Pour s’évader
Alcool
Barbituriques
Bromures
Narcotiques
Paraldéhyde
Ces produits ne sont pas sans danger

dimanche 18 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 56e partie


DÉPENDANCE À L'ALCOOL

L'alcoolisme est la toxicomanie la plus répandue en occident.  C'est aussi le principal problème de santé mentale.  Son coût annuel au Canada : plus de cinq milliards de dollars.  Au Québec, on évalue la perte de productivité liée à l'alcool et aux drogues à un milliard de dollars par année.

Environ 15% des Nord-Américains ont des problèmes d'alcool et, de ce nombre 5% sont véritablement alcooliques. L'autre 10% représente les "mauvais buveurs", c'est-à-dire ceux qui boivent de manière excessive, sans pour autant développer une dépendance physique.
Quiconque consomme de l'alcool encourt le risque de devenir dépendant, risque, qui selon les experts, se situe entre 5% et 10%.  Si l'un des parents est alcoolique, le danger grimpe à 20%; lorsque les deux parents le sont, le risque se situe à près de 5%.  D’un point de vue médical, l'alcoolisme est une maladie chronique et potentiellement mortelle qui rend l'individu physiquement dépendant de l'alcool.  Boire devient alors une obsession compulsive.  L'alcoolisme organise sa vie autour de la consommation, peu importe les effets dramatiques que cela peut avoir sur son existence et sur celle des autres.  La privation d'alcool le fait souffrir: les tremblements le secouent dès le réveil jusqu'à ce qu'il prenne sa première dose de cognac ou de vodka.  Plus la dépendance s'aggrave, plus la dose augmente, le corps ayant développé une tolérance accrue à l'alcool.  Des études génétiques ont démontré certaines anomalies physiologiques qui sont transmis par les gènes. Ce n'est pas l'alcoolisme comme tel qui est transmis, mais plutôt des risques biologiques qui prédisposent des individus à l'alcoolisme. On peut avoir l'alcoogène et ne jamais développer la maladie.  Tout comme on peut ne pas avoir l'alcoogène et devenir dépendant de l'alcool.

L'alcoolisme est en effet un phénomène complexe où une multitude de facteurs interviennent, notamment les troubles de la personnalité.  Faible estime de soi, incapacité d'exprimer ses émotions, culpabilités, perfectionnisme : boire devient un moyen de composer avec l'anxiété et les difficultés de l'existence.

On croit aussi que l'environnement social joue un rôle important dans le développement de la dépendance, avoir été exposé très jeune à l'alcool, par exemple, ou avoir été maltraité.  Cependant, environ 5% des personnes qui consomment trop n'ont pas grandi auprès d'un père ou d'une mère alcoolique.  Et plusieurs ne développeront que tardivement leur problème d'abus.  C'est le cas pour le tiers des personnes âgées aux prises avec cette dépendance. Perte d'un époux, nid familial désert après le départ des enfants, retraite, crise d’identité, problèmes de santé liés au vieillissement : les étapes difficiles peuvent inciter à prendre un verre afin de combler un vide et anesthésier les souffrances.

Que l'on soit un buveur tardif ou que l'on traîne un long passé d'abus d'alcool derrière soi, les conséquences sont tout aussi tragiques.  La liste des répercussions physiques, psychologiques, sociales, familiales et financières est interminable.  Par définition, l'alcool est toxique.  Consommé avec modération - soit un verre par jour pour les femmes et deux pour les hommes, il a des vertus protectrices pour le coeur.  Toutefois, il peut se transformer en poison mortel pour les tissus et les organes, qui l'absorbent très vite.

Ainsi, l'alcoolisme diminue l'espérance de vie de 10 à 15 ans.  Dépression, confusion, amnésie persistante, troubles du sommeil, cirrhose, gastrite, pancréatite, cholestérol, thrombose, infarctus, cancer; l'alcool n'épargne aucune partie du corps, du système nerveux au système digestif en passant par l'appareil circulatoire.  

Et plus, on vieillit, moins l'organisme tolère l'alcool "les complications se multiplient avec le temps, car le corps s'intoxique plus rapidement."

jeudi 15 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 55e partie

DÉPENDANCE AUX MÉDICAMENTS


1) Anxiolytiques (tranquillisant mineur)
Atarax        Noctec
Ativan        Noludar
Dalmane    Serax
Librium       Valium

2) Antidépresseurs
Anafranil      Parnate
Aventyl        Surmontil
Déprex        Sinequan
Elavil           Tofranil

3) Antipsychotiques (tranquillisant majeur)
Haldol          Neuleptil
Largactil       Neuroleptique
Majeptil        Nozinan
Mellaril         Stelazine
Modecate     Tarasan
Moditen        Trilafon

4) Antiparkisonniens
Artane          Congentin
Benadryl       Kemadrin

5) Antiépileptiques
Mysoline

6) Lithium
Carbonate

7) Sédatifs et hynoptiques
Phenergan

8) Autres

lundi 12 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 54e partie

LES DÉPENDANCES


Dépendance aux substances  comme la Cocaïne et ses effets  sur la santé.
Déjà en 1974( ?), dans une chanson française intitulée «  le coco », une jeune femme délaissée par son amant, parlait à peu près en ces termes de la drogue à laquelle elle s’adonnait : «  Je prends de la cocaïne, elle embrume mon cerveau, (ma) raison disparaît (mes) chagrins s’envolent, et je deviens folle. »

Et pourtant, c’est au début des années 80 que les experts des drogues commencèrent à reconnaître avec netteté les effets néfastes de la cocaïne dont l’existence remonte jusqu’aux années 5000 avant l’ère chrétienne chez les indigènes sud-américains. Ces derniers ingéraient en effet les feuilles de la coca en guise d’aliment et aujourd’hui encore leurs descendants font  usage de la plante, plutôt comme stimulant. D’un autre côté, les Incas du Pérou considéraient la coca comme sacrée et restreignaient son usage en faveur des nobles. Malheureusement, avec la conquête espagnole au seizième siècle, la drogue se propagea au sein des couches sociales moins privilégiées, ce qui provoqua d’emblée la chute de l’économie alimentaire des Incas.

Utilisée dans des élixirs ou des potions vers 1863 par des hommes comme Angelo Mariani qui vendait ces potions à des clients célèbres (Pape Léon X111, Thomas Edison, Jules Vernes…), la cocaïne fut toutefois dénoncée par d’autres hommes tels que Sigmund Freud qui en fait avait succombé à la toxicomanie de cette drogue.

La cocaïne est extraite des feuilles de coca ( Erythroxylum Coca), plante largement cultivée dans les Andes montagneuses de l’Amérique du Sud. Quoique la drogue occupe une certaine place dans la pharmacopée (recueil des recettes ou formules pour préparer les médicaments), disons au départ que la cocaïne est un stupéfiant dont l’usage répété et prolongé aboutit à une toxicomanie grave.

L’usage de l’alcaloïde par des adolescents et même des enfants est en train de se répandre dans des proportions épidémiques à travers le monde Occidental. À nous de veiller à ce que les familles soient imbues des dangers de cette drogue, lesquels peuvent se classer en deux groupes
  1. Dangers d’ordre physiologique ou physique.
  2. Dangers de nature psychologique.
 Sans entrer dans les détails pharmacologiques pour montrer comment ces effets surviennent chez l’humain, je dirai que les effets physiologiques ou physiques sont nombreux, la mort instantanée en étant le plus grave, car l’arrêt cardiaque peut survenir brusquement chez une personne ayant inhalé ou ingéré de la cocaïne. Bien que 1.200 
 milligrammes soient généralement considérés comme la dose capable de tuer un adulte, des effets toxiques sévères se sont produits avec une dose aussi faible que 20 milligrammes. Et cette mort peut survenir à la suite de l’aspiration, de l’injection intraveineuse ou de l’ingestion de l’alcaloïde, tant chez l’individu expérimenté que chez le novice à son premier contact avec le stupéfiant. D’une manière générale, la mort arrive tôt après la dose fatale; au cours de la première heure ou bien moins de cinq heures après le contact. Un arrêt respiratoire entraînant aussi la mort peut se produire par suite de l’effet toxique sur le centre cérébral de la respiration.

Autres effets sérieux de la cocaïne : convulsions sévères, maux de tête, stupeur ou coma, toux chronique, fatigue persistante, insomnie, saignement du nez  ou perforation de la cloison nasale causée par l’absorption de la drogue par le nez. Des nausées ou vomissements apparaissent aussi, ainsi que la diarrhée. Outre cette fin précoce qui guette les usagers de la cocaïne, il y a les dérangements psychologiques de degrés divers, à commencer par la toxicomanie.

La toxicomanie est cette déviation morbide qui contraint un individu à rechercher une drogue pour en faire un usage répété. Le sujet devient comme obsédé. Il est prêt à faire n’importe quoi  pour trouver de la drogue. Il ne raisonne plus et son corps réagit différemment si la drogue n’est pas prise, sans que le soient les symptômes de retrait en ce qui concerne la cocaïne. Les experts s’accordent à dire que la toxicomanie de la cocaïne a trois caractéristiques : une perte de contrôle quant à l’usage du stupéfiant, une faim et un désir incontrôlés pour ce dernier, la persistance des toxicomanes à s’administrer la drogue malgré les troubles divers et dangereux que celle-ci leur cause. En fait ces gens cherchent à minimiser les problèmes, de sorte qu’ils puissent continuer à s’adonner à ce qui les détruira tôt ou tard.

Les autres effets psychologiques de la cocaïne consistent en dépression, anxiété, paresse, paranoïa, perte de la libido (désir sexuel), tendances à la violence, hallucinations comme les sensations d’insectes rampant sous la peau.
Ce n’est pas trop de dire qu’un usager de la cocaïne ou de tout autre stupéfiant est un esclave de deux maîtres. Son premier maître est la drogue elle-même, tandis que le 

trafiquant représente le second maître, être le plus souvent sans scrupules, capable d’utiliser la drogue dont il fait le commerce comme une dangereuse arme susceptible de tenir d’autres êtres humains dans la plus vile dégradation.

Se sentant victime des épreuves de la vie (conflits interpersonnels, frustrations, échecs, stress, solitude, chômage), l’homme en détresse va vouloir remplir un manque affectif lié à son passé en consommant des produits anxiolytiques ou les médicaments antidépresseurs.

dimanche 11 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 53e partie


TRAITEMENT AU LITHIUM

la découverte du lithium est survenue par accident.  En 1949, Cade remarque l’effet sédatif du carbonate de lithium chez des cobayes et déduit que le même résultat pourrait être obtenu chez des patients souffrant de manie (Good et Gilman 1970).  L’acceptation du lithium comme agent thérapeutique efficace n’est venue qu’après plusieurs années de controverse, surtout en ce qui concerne son efficacité et sa sécurité.  Le lithium est utilisé à long terme en tant qu’agent prophylactique pour prévenir les rechutes des désordres affectifs ou pour diminuer leur intensité.  Il sert aussi dans le contrôle des états aïgus de manie et dans certaines dépressions.
Une partie de la psychopathologie du maniaco-dépressif dans son état aïgu est difficile à différencier de la schizophrénie.  Cependant, ces deux désordres présentent des caractéristiques divergentes dont il faut tenir compte tant dans le diagnostic que dans le traitement.  Le maniaco-dépressif passe par des hauts et des bas suivis de périodes normales; il présente une très faible probalité de détérioration et l’histoire familiale est souvent positive en ce qui concerne les désordres affectifs et l’alcoolisme, et négative en ce qui concerne la schizophrénie. Il est très important que le diagnostic soit approprié étant donné que les probabilités d’amélioration du maniaco-dépressif traité avec le lithium sont excellentes, alors qu’elles sont très pauvres pour le schizophrène (Fieve, 1975).
Le traitement par lithium doit se faire avec supervision clinique suivie.  Il est contre indiqué chez des patients qui présentent des troubles rénaux, des troubles cardiaques manifestes et des troubles neurologiques.
Le danger de toxicité est toujours présent dans le traitement par lithium.  Pendant une phase maniaque, la tolérance au lithium augmente, mais elle descend une fois l’épisode passé. Une diète normale, avec des niveaux de sodium et d’eau normaux est nécessaire pour le bon fonctionnement de ce traitement.
Effets secondaires
Quand le taux de lithium présent dans le sérum du malade est plus élevé que 1,5 mEg|1, plusieurs effets secondaires peuvent se présenter; tremblement des mains, douleurs abdominales, nausées, vomissements diarrhée, soif et polyurie, fatigue et augmentation de poids.  Ces symptômes ont lieu dans les quatre premières semaines, ils disparaissent spontanément ou avec une réduction de la dose thérapeutique.
Un problème majeur avec le traitement au lithium est que s’il est donné en quantité excessive et que les reins n’arrivent pas à éliminer le médicament adéquatement, le taux de sérum monte à 2.0 mEg|1 et un état d’empoisonnement se produit.  Si le patient demeure dans cette situation pendant quelques jours, les risques d’accident grave peuvent survenir.  Ce danger dans le traitement par lithium peut être évité avec la surveillance nécessaire du taux de lithium dans le sérum.

vendredi 9 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 52e partie


LES MÉDICAMENTS QUI SUPPORTENT L'INTERVENTION

Les AntiDépresseurs 
On retrouve de la dépression chez à peu près 3% de la population et, de quelque intensité qu’elle soit, elle est toujours temporaire.  Même sans aucun traitement, elle peut durer jusqu’à 6-7 mois et rentrer dans l’ordre par la suite.  Malgré sa faible incidence dans la population en général et sa durée limitée, il reste que plusieurs déprimés doivent être aidés à cause de leur souffrance morale, et des dangers de suicide.  C’est pourquoi les médicaments contre la dépression appelés les antidépresseurs, peuvent être d’une grande utilité dans le traitement des malades déprimés (fondation pour la recherche sur les maladies mentales).
Historique
Il faut souligner que la découverte des médicaments antidépresseurs a été purement fortuite.  En effet, un spécialiste en médecine s’aperçut qu’un traitement efficace contre la tuberculose rendait les malades euphoriques.  Il confie son observation à des collègues psychiatres qui administrèrent le même médicament à des déprimés et notèrent une nette amélioration de leur humeur.  De son côté, c’est en évaluant un nouveau composé biochimique qu’un clinicien Suisse observa que ce médicament était totalement inéfficace dans le traitement de la schizophrénie.  Ces constatations démontrent que plusieurs découvertes scientifiques surviennent lors d’observations cliniques plutôt qu’au cours des études en laboratoire chez l’animal.
Effets bénéfiques
a) les tricycliques (amipramine, amitriptyline, désipramine)
Avec des patients sévèrement déprimés, les tricycliques donnent lieu à une réduction importante de la dépression et à une amélioration évidente du comportement. Un fait important, c’est que ces changements se produisent dans les trois premières semaines du début du traitement.  Si un malade ne répond pas au traitement dans les trois premières semaines, la probabilité est grande qu’il ne pourra pas être traité par ces médicaments.  En plus, la réponse au traitement  dans les trois premières semaines prédit biensouvent le résultat thérapeutique.
En général, la recherche montre que 20% des patients sont aidés par les tricycliques, en comparaison de, 40% par un placebo. Ceci veut dire que les chances de guérison dans les trois premières semaines doublent si les tricycliques sont utilisés en lieu et place d’un placebo (Cole et Davis, 1975).
Les tricycliques sont des médicaments antidépresseurs les plus éfficaces.  Une des questions importantes concernant le déroulement du traitement est celle qui se rapporte à la discontinuation de la médication.  Étant donné que la dépression est un désordre qui récidive, la question se pose donc de savoir si un traitement continu pourrait empêcher les rechutes.  L’étude de Mindham et al (1972) indique que l’utilisation de l’amitriptyline ou de l’amipramine pendant 15 mois à des doses de maintien évite les rechutes.  Seulement 22% des sujets dans le groupe de maintien montrent des rechutes alors que dans le groupe placebo, le taux de rechute est de 50%.  Cependant, il n’existe pas de données qui peuvent aider le clinicien à détecter le type de patient qui peut bénéficier d’un traitement de maintien.

b) les inhibiteurs de la monoamine oxydases (IMAO) toujours selon Cole et Davis (1975), il existe des malades qui ne répondent pas au traitement par tricycliques, mais qui répondent aux IMAO. Étant donné que les tricycliques sont le traitement de choix, ils sont utilisés en premier et les IMAO suivent en cas d’échec.  L’idée existe que les drogues tricycliques répondent mieux aux dépressions secondaires et les phobies. La recherche visant à savoir quel type d’antidépresseurs est primordiale.  Cependant, les études éxistantes ne permettent pas d’arriver à des conclusions finales à ce sujet.  À cause des dangers de crise d’hypertension artérielle, les IMAO sont peu prescrits de nos jours.
Effets secondaires
Les différents tricycliques produisent en général des effets secondaires semblables.  Les plus fréquents sont la sècheresse de la bouche, des palpitations; de la tachycardie, une perte d’accommodation visuelle, de l’hypotension orthostatique, des étourdissements, de la constipation et de l’oedème (Chouinard 1977).
En général, les effets secondaires dus aux tricycliques ne sont pas très sévères.  Ils diminuent après les premières semaines de traitement et peuvent être facilement réglés par un ajustement de la dose du médicament.  Quant aux effets secondaires au niveau du système nerveux central, on retrouve principalement des tremblements au niveau des extrémités supérieures

mercredi 7 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 51e partie

INTERVENTION AU NIVEAU DES ANXIOLYTIQUES



Les anxiolytiques ou tranquillisants mineurs
De tout temps, les sédatifs ont surtout été utilisés dans le traitement de l’insomnie et de l’anxiété. L’alcool est sûrement le plus vieux sédatif et par la suite, les barbituriques ont joué le même rôle.  Cependant, depuis la découverte de nouveaux médicaments qu’on appelle les anxiolytiques, la prescription de sédatifs ne se justifie plus car tous savent maintenant que l’alcool et les barbituriques sont dangereux en cas de surdose et qu’ils induisent de la dépendance physique.
La découverte des substances anxiolytiques tels qu’on les connaît aujourd’hui a été en grande partie le fruit du hasard.  En 1930, Sternbach, en Pologne, découvre une nouvelle molécule, mais il ne sait qu’en faire.  Vingt cinq ans plus tard, en 1955, en voulant faire une réaction chimique avec cette molécule, Sternbach obtient une substance à laquelle il ne s’attendait pas du tout, le chlordiazoposide, qu’on connaît sous le nom de librium.  Son emploi chez l’humain fut accepté au Canada et aux USA en 1960.  Les recherches continueront et en 1963, le diazépam, c’est-à-dire le valium, apparaît sur le marché.
Les benzodiazépines agissent surtout comme agents anxiolytiques dans le traitement des troubles aïgues ou chroniques qui provoquent une incapacité et qui sont caractérisés par de l’anxiété. La pratique courante définit ces états comme des syndromes généraux d’anxiété et de panique.  En 1981, on vendait au Canada dix types de benzodiazépines et l’un des médicaments les plus populaires de cette catégorie a été le diazépam (santé bien être social Canada, 1982).
Selon l’équipe de lipman (1977), la nature de l’amélioration produite par les anxiolytiques va plus loin qu’une simple réduction de l’anxiété.  Selon ces auteurs, plus de cas d’événements positifs et moins de cas d’événements négatifs dans la vie étaient relevés chez les sujets traités avec le Chlordiazépoxide que chez les sujets du groupe soumis au placebo.  Ce résultat peut être dû à une sorte de transformation perceptuelle produisant la disposition à évaluer la réalité de façon plus positive.
Dans cette étude, le Chloriazépoxide peut avoir aidé à diminuer les symptômes psychiatriques affaiblissants et à augmenter l’insight du processus thérapeutique.
On a également trouvé que les benzodiazépines étaient utiles:
  • Dans le sevrage alcoolique aïgue (sellers et Kalant, 1976)
  • Dans le traitement de certains genres de crises continues et dans une variété de troubles neuromusculaires comme la paralysie cérébrale et l’hypotension posturale (Sellers 1978)
  • Comme prémédication aux interventions chirurgicales, comme anesthésique intraveineux au cours d’interventions chirurgicales mineures et dans une variété de tests diagnostiques et shader, 1974.  Bellantwond et al;1980)
Effets secondaires
L’effet secondaire le plus remarqué des anxiolytiques est la somnolence et un certain affaiblissement cognitif quand ils sont utilisés comme hypnotiques (Cole et Davis, 1975).
Cependant, toute substance pharmacologiquement active qui a des effets positifs est susceptible d’avoir des effets négatifs chez certaines personnes et dans certaines circonstances.  En outre, les médicaments qui agissent pour le système nerveux central et modifient l’humeur sont également susceptibles d’être utilisés dans un but non thérapeutique et de façon inappropriée, qu’ils soient illicités ou non.
De nombreuses études en laboratoire ont révélé une déficience motrice consécutive à l’usage de doses légères de benzodiazépines (Kleinknecht et Donaldson, 1975; Liljequist et Matela, 1979). Une étude faite en Grande Bretagne montre un lien très significatif entre l’usage des tranquillisants mineurs et le risque d’accidents de la route.  Malheureusement, la consommation d’alcool et son rôle possible dans ces accidents n’ont pas été déterminés (Skegg, Richards et Doll, 1979).
La dépendance et l’apparition de symptômes de sevrage sont des faits reconnus après administration de doses thérapeutiques de benzodiazépines.  Néanmoins, peu d’études systématiques ont été effectuées sur les problèmes associés au sevrage découlant d’un usage normal et il est extrêmement difficile de donner des chiffres quant au nombre de personnes qui dépendent à l’heure actuelle des médicaments anxiolytiques (Preskorn et Denner, 1977; Covi et al. 1973; Pevnick et al. 1978; Greonblatt et shader, 1978).  Selon une étude (Tyrer et al, 1981), l’incidence élevée des symptômes de sevrage laisse supposer qu’une proportion importante de malades qui consomment des anxiolytiques de façon chronique sont pharmacoliquement dépendants. La thérapie à court terme, d’une durée inférieure à quatre semaines, ne produira pas de dépendance, croît-on, ni de problème de sevrage (Sellers 1978).
Il semblerait que les anxiolytiques soient contre indiqués pour des trouble caractérisés par un comportement agressif, parce qu’ils accroissent l’hostilité (workam et Cunningham, 1975). Il a été aussi observé que le diazépam semble être associé à l’augmentation des idées suicidaires.  Dans une étude à ce sujet (Hall et Joffe, 1972), les sujets groupe placebo ne développaient de tels symptômes.  Ces résultats pourraient expliquer en partie le fait que les benzodiazépines aient été trouvées inférieures au groupe placebo pour le traitement de la dépression.

lundi 5 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 50e partie

Pharmacothérapie comme traitement psychologique 


La pharmacothérapie peut-être utilisée dans le cas de dépression pour intervenir sur des symptômes comme l’insomnie ou l’angoisse. On peut catégoriser les médicaments à partir des effets qu’ils ont sur l’organisme, en : neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs, et le Lithium. L’absorption de médicaments, bien qu’elle ait des effets bénéfiques, entraîne aussi des effets secondaires qu’il importe de connaître.
Cette lecture vous propose de connaître l’intervention pharmaco thérapeutique.
1-Les neuroleptiques ou tranquillisants majeurs qui sont surtout utilisés dans le traitement de la schizophrénie et de la psychose maniaco-dépressive.
2-Les anxiolytiques sont surtout utilisés comme traitement mineur dans les cas d’anxiété.
3- Les antidépresseurs qui, comme leur nom l’indique, servent dans le traitement de la dépression.
4- Le Lithium surtout utilisé dans la dépression sévère et dans la psychose maniaco-dépressive.
                             
Les Neuroleptiques ou tranquillisants majeurs.
La découverte des médicaments utilisés dans le traitement des psychoses a eu lieu au début des années 50. Delay et Deniker (1952) avaient observé l’effet tranquillisant de la Chlorpromazine, observation qui donna lieu à l’application expérimentale de ce médicament avec des patients schizophrènes. À la même période, la Réserpine, composante active de la plante Rauwolfia Serpentina, utilisée par les patients natifs de l’Inde, comme tranquillisant, est introduite dans le champ de la psychiatrie. Les effets anti schizophréniques de ces médicaments causent un véritable changement dans le traitement de ces désordres et conduisent à une meilleure utilisation de la thérapie de milieu, de la thérapie de groupe, de la thérapie occupationnelle et de la psychothérapie en général en ce qui concerne la schizophrénie.
L’utilisation de la psychothérapie devient donc possible du fait que les aspects les plus destructifs de  la maladie peuvent être mieux contrôlés. Ces changements ont eu pour 

résultat  la réduction massive du nombre de malades schizophrènes hospitalisés. La schizophrénie est une des maladies les plus graves que la société moderne connaisse. Son coût annuel a été évalué à 14 milliards de dollars aux USA et on estime que 2% de la population souffrira au cours de sa vie d’un épisode psychotique nécessitant une hospitalisation ( Babigian, Mosher, Guvarson et Buschsbaum, 1973.)
                         
Principales propriétés des neuroleptiques.
Les neuroleptiques possèdent les principales propriétés suivantes :
  1. Ils provoquent un ralentissement de l’activité psychologique et motrice sans pour autant induire le sommeil. À cause de cette action, ils inhibent donc surtout l’agitation de l’agressivité.
  2. Ils amènent aussi une diminution ou une guérison complète du délire et des hallucinations.
Effets Secondaires
Malheureusement, les neuroleptiques produisent également des effets secondaires désagréables pour le malade, et disgracieux pour son entourage.
 Plusieurs personnes ont sans doute vu des malades qui présentent une attitude figée, un faciès peu expressif, une démarche raide et de légers tremblements de mains.
Ces signes ne font pas partie de la maladie, mais sont dus à la prise de tranquillisants. Ces symptômes demeurent aussi longtemps que persiste le traitement, mais bien qu’ils soient saisissants, ils ne sont pas dangereux, du moins à court et à moyen terme. En raison de ces effets secondaires désagréables et continus, il est donc recommandé de limiter l’administration des tranquillisants aux grands malades psychiatriques (Fondation pour la recherche sur les maladies mentales, 1982 c) 
Le plus grand problème causé par les neuroleptiques est sûrement la dyskinésie tardive, syndrome qui peut être irréversible. Ce syndrome peut survenir après une administration prolongée des neuroleptiques. La maladie présente alors des mouvements involontaires qui varient de lieu et de forme et qui impliquent le plus  souvent la bouche, les lèvres et la mâchoire ou  des mouvements anormaux du cou, du tronc  ou des membres. Chouinard a démontré que la dyskinésie tardive, apparaissait chez au moins 31%  des schizophrènes traités aux neuroleptiques et surtout chez les malades âgés et chez ceux qui ont eu de longues hospitalisations, À lui seul, ce problème grave soulève l’importance de la découverte de nouveaux médicaments qui soient moins dangereux pour le malade à long terme, tout autant que la recommandation de ne prescrire des neuroleptiques qu’aux grands malades psychotiques et de suivre de très près leur évolution.

Dosages
Le médicament peut être pris 3 à 4 fois par jour surtout durant la phase aigüe de la maladie; lorsque l’état du malade le permet, une dose unique, de préférence au coucher, suffit dans la plupart des cas; les patients doivent consulter leur médecin de façon périodique pour faire réviser leur médication, car le processus des maladies mentales est dynamique et les besoins du malade sont par conséquent sujets à variation. D’ailleurs, le clinicien doit continuellement faire un effort de façon à donner au patient une dose thérapeutique minimale.
Comme nous venons de le voir, les tranquillisants décrits également sous le nom de neuroleptiques, comprennent une catégorie de médicaments qui provoquent une sédation marquée, qui agissent sur l’agitation et l’agressivité des malades souffrant de troubles mentaux sévères, qui améliorent ou guérissent le délire et les hallucinations, mais qui sont également la cause d’effets indésirables et désagréables autant pour le malade que pour sa famille.

Malgré les problèmes qu’ils engendrent, il reste que  les neuroleptiques ont permis la guérison de plusieurs patients, et à plusieurs malades schizophrènes d’être traités en clinique externe. À cause des désagréments causés par ces médicaments, plusieurs patients cessent spontanément leur médication, et ce, bien souvent avec l’accord de leurs proches. L’arrêt  brusque de la médication occasionne bien souvent des rechutes qui, malheureusement, auraient pu être évitées. Plusieurs équipes de recherche tentent de mettre au point de nouveaux médicaments qui seraient tout aussi efficaces que les tranquillisants, sans pour autant incommoder le malade.

vendredi 2 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 49e partie


LE MIGRANT HAÏTIEN

Malgré les efforts consacrés depuis les dernières décennies pour essayer de définir les grands symptômes psychiatriques de façon à en universaliser les critères, les classifications internationales (CIM, DSM-I, DSM-II, DSM-III et DSM-III-R) restent des outils correspondant aux syndromes que l’on retrouve dans le monde occidental blanc.

Ces critères ne peuvent s’appliquer stricto sensu à certaines cultures qui ont connu l’esclavage, le despotisme, l’oppression et la dictature. L’objet de cet article est de décrire certaines formes cliniques de la dépression particulière à l’Haïtien. Nous pensons que la préhistoire et l’histoire de l’Haïtien, de même que sa culture et le mode d’éducation reçue, contribuent à donner un aspect particulier à la dépression de ce dernier, ce qui explique que sa dépression ne ressemble pas à celle de l’Européen ou du Nord-Américain de race blanche.
Après une tentative d’explication socio-historico-génétique de ce que l’un de nous a appelé la « pensée paranoïde » chez l’Haïtien et un rappel des critères de la dépression majeure, selon le DSM-III-R, nous décrirons six formes de dépression rencontrées chez l’individu d’origine haïtienne.

Formation de la « pensée paranoïde » chez l’Haïtien
Dès l’an 1503, la colonisation espagnole ayant décimé rapidement les Indiens caraïbes, premiers habitants de l’île, le gouverneur Ovando eut l’idée de faire venir d’Afrique de la main-d’œuvre noire.

Des milliers d’Africains, arrachés des côtes d’Afrique, enchaînés dans les cales des bateaux appelés « négriers », pendant de longues traversées jusqu’en Amérique, furent vendus sur les marchés publics comme esclaves. Ce n’est qu’après trois siècles d’esclavage, en 1804, que ces « damnés de la terre » (considérés sans âme par un religieux du nom de Las Casas) gagnèrent leur indépendance en battant les troupes du général Leclerc. Cette épopée put être réalisée grâce à la conjoncture de deux événements :
- la cérémonie vaudou du Bois Caïman, où eut lieu une rencontre qui devait rassembler, cimenter les troupes dispersées et démunies des esclaves révoltés;
  • une épidémie de fièvre jaune qui annihila les troupes de Leclerc, fièvre contre laquelle le Noir a une immunité naturelle.
Après la déportation, l’esclavage et la glorieuse épopée de l’indépendance de ce peuple, Haïti, loin de connaître enfin la liberté, commença l’apprentissage de la division, de l’oppression, des dictatures sanglantes sous toutes les formes (royautés, empires, présidence à vie, régimes militaires, etc.).

Quand de plus on connaît l’importance que revêt l’autorité des parents (et de tout adulte) dans l’éducation de l’Haïtien, l’utilisation à outrance des sévices corporels, du fouet (du point de vue psychanalytique, l’utilisation du fouet par les parents, c’est, chez l’Haïtien, une forme d’identification à l’agresseur du temps de l’esclavage), on peut saisir davantage le mélange de sentiments de méfiance ou de toute puissance (ou les deux) que l’on peut retrouver dans certaines expressions de la maladie chez l’Haïtien. Le jeune apprend vite, pour éviter les sévices corporels, à utiliser le mécanisme de la projection, précurseur de la pensée paranoïde.
Mentionnons enfin que la deuxième « déportation » des Haïtiens, soit l’émigration vers l’Europe et l’Amérique du Nord, n’a pas été sans leur réserver de nombreuses difficultés d’adaptation avec de nouvelles cultures qui, très souvent, entraîneront des frustrations dans les pays hôtes (difficultés avec les services d’immigration, problèmes de racisme ouvert ou camouflé dans le logement et les milieux de travail, rapports avec les corps policiers et la justice, même avec les corporations professionnelles).

Rappel des critères de la dépression selon le DSM-III
Dans le manuel révisé (DSM-III-R), les critères diagnostiques de la dépression peuvent se résumer comme suit :
-tristesse de l’affect;
-présence de quatre des huit éléments suivants pendant environ deux semaines :
-baisse de l’appétit,
-insomnie ou hypersomnie,
-augmentation ou retard de l’activité psychomotrice,
-perte d’intérêt ou de plaisir dans les activités courantes ou baisse du désir sexuel (ou les deux),
-perte de l’estime de soi avec sentiment de culpabilité,
-perte d’énergie,
-impression que la capacité de penser ou de se concentrer a diminuée,
-pensées récurrentes de mort, idées suicidaires, désir de mourir.


Quelques formes de dépression chez l’Haïtien
Nous décrirons ici six vignettes correspondant à six formes de dépression chez l’Haïtien. Cette liste n’est exhaustive, ce sont les six formes que nous avons rencontrées le plus souvent.

Vignette #1
« Ou sanblé moun mô pété sou li » : « tu ressembles à quelqu’un sur qui le vent de la mort a soufflé ».
C’est un déprimé profond, dont l’humeur n’est pas nécessairement triste. Le caractère principal de ce tableau clinique est l’indifférence. Le sujet est capable de sourire, mais c’est un sourire béat, sans relation avec l’humeur. Il peut vaquer à ses occupations habituelles, mais tout se fait avec un détachement affectif, il paraît absent. Cet état d’indifférence peut atteindre une profondeur pouvant être assimilée à un état catatonique.

Vignette #2
« Yo fè li mal » : « il a été « quimboisé », il est l’objet de maléfices ».
C’est le cas typique du malade qui se présente au médecin avec un délire paranoïde franc. Il dit qu’il est l’objet de persécutions, que son patron ou son voisin ou même son conjoint et sa famille complotent contre lui, que tout ce qu’il fait est connu de tous, que ses gestes sont épiés.
Son affect peut être triste, non parce qu’il se sent coupable ou se juge inadéquat mais parce qu’il s’estime incapable de lutter contre ses persécuteurs.

Vignette #3
« Ou sé yon anvi mouri kap chèche yon anvi touyé » : « tu as envie de mourir et tu cherches quelqu’un qui pourrait te tuer ».
Cette forme de dépression chez l’Haïtien par des troubles du comportement. Son activité psychomotrice est augmentée, son seuil de frustration est bas, l’humeur peut être exubérante. Il cherche à provoquer de façon évidente, comme quelqu’un qui voudrait trouver un adversaire capable de lui donner la mort. Jusqu’à un certain point, on pourrait parler d’une recherche « de suicide par procuration ».

C’est le patient qui va provoquer des bagarres et enfreindre ouvertement les lois et les forces de l’ordre, en particulier s’il repère un policier aux alentours. S’il est en Haïti, il cognera sur la voiture d’un officiel dans le but – peut-être inconscient – de se faire arrêter, bastonner ou même tuer. En quelque sorte, bien que son comportement évident ne traduise pas un état dépressif, tout se passe comme s’il recherchait une punition qui lui permettrait d’expier pour une présumée faute commise.

Son activité psychomotrice augmentée peut simuler un état maniaque.

Vignette #4 (dépression avec espoir)
« Mwen sé pitite Bon Dié » : « je suis enfant de dieu ».
C’est la forme de la dépression situationnelle. Le malade vit des situations difficiles, les stresseurs sont nombreux mais il ne se laisse pas abattre. Il conclut comme Job dans les Écritures : « Vous m’avez tout donné, Vous m’avez tout enlevé, que Votre saint nom soit béni ». Attention cependant à l’écueil linguistique : si cette phrase de Job, en créole : « Mwen sé pitite Bon Dié », est traduite mot pour mot : « Je suis enfant de Dieu », on risque de conclure que ce malade se prend pour Jésus-Christ et de diagnostiquer une psychose paranoïde, ce qui serait une erreur diagnostique qui entraînerait un traitement aux neuroleptiques avec les conséquences désastreuses que l’on connaît.

Le sujet s’exprimant ainsi n’est pas paranoïde. Il vit avec difficulté ses malheurs (perte d’objet d’amour, insécurité financière), mais il exprime un espoir : ses malheurs prendront bientôt fin.

Vignette #5 (dépression sans espoir)
C’est la forme clinique qui correspondrait le plus à la dépression psychotique. Elle est caractérisée par des plaintes témoignant de la souffrance morale, mais l’individu n’est pas nécessairement triste. Il est fatigué de lutter contre « le sort » et a adopté une attitude de résignation sachant qu’il est « condamné ». Cela se traduit même dans son discours objectif; il décrit ses malheurs, ses luttes inutiles menées pour s’en sortir et conclut avec logique qu’il n’y a plus rien à faire et que son sort ne changera jamais. Dans ce cas aussi, l’expression facile peut ne pas être affectée de façon apparente.

Vignette #6 (dépression avec manifestations somatiques)

Chez l’Haïtien, c’est la forme la plus commune. Elle est caractérisée par des troubles somatiques : sensation de faiblesse, brûlures d’estomac et autres troubles digestifs, météorisme abdominal, maux de tête, etc.
Bien sûr, il consultera différents médecins et se tournera vers des prêtres du vaudou pour trouver une solution à son ou à ses problèmes. Il pensera qu’il souffre d’une maladie que personne ne peut diagnostiquer, et encore moins traiter.
Même après avoir épuisé toutes les ressources médicales et autres, il se peut que son affect reste relativement inatteignable.


En conclusion, rappelons que l’Haïtien exprime ses émotions par son corps, par la danse. Son émotion est rarement exprimée par la douleur morale. D’autant plus que la culpabilité individuelle semble être inexistante. En Haïti, la culpabilité est partagée par la famille, le quartier, la communauté, d’où l’efficacité des traitements de groupe offerts par les prêtres du vaudou.

Nous avons voulu décrire ici ce que, pour notre part, nous considérons être les formes les plus couramment retrouvées. Nous ne voudrions pas laisser croire que l’Haïtien ne peut être déprimé comme l’Européen ou le Nord-Américain de race blanche. Notre objectif était de décrire certains cas cliniques qui ne répondent pas aux critères internationaux, qui sont des formes particulières de la dépression et qui peuvent être prises pour un autre syndrome et traitées à tort avec des neuroleptiques plutôt qu’avec des antidépresseurs, la sismothérapie ou la thérapie du lithium.

Rappelons enfin que la pensée paranoïde n’est pas particulière à l’Haïtien. Nous l’avons observée chez des Italiens du Sud, des Vietnamiens et aussi chez des Canadiens français (pour ne pas citer que quelques exemples).